BCI - Bureau de coopération interuniversitaire (anciennement connu sous le nom de « Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec » CREPUQ)

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Étude sur les modalités d’apprentissage et les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement, mai 2012

Les universités et les technologies de l’information et de la communication : quels usages pédagogiques ?

Présentation de l’étude

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), par l’entremise du Sous-comité sur la pédagogie et les technologies de l’information (SCPTIC), présente les résultats d’une vaste étude réalisée en 2011 sur les usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement universitaire au Québec.

Si diverses enquêtes ont été réalisées au cours des dernières années au Québec, l’étude de la CREPUQ se distingue par son ampleur, par le fait que deux populations ont été consultées simultanément, soit les étudiants et les enseignants, et par la profondeur du questionnaire utilisé. Ainsi, ce sont 15 020 étudiants et 2 640 enseignants provenant de 12 des 16 universités québécoises qui ont pris part à cette étude.

Au total, ce sont presque 18 000 personnes qui se sont prononcées sur les modalités d’apprentissage et les pratiques pédagogiques et technologiques. Le point de vue exprimé par ces intervenants permet de comprendre pour quelles raisons et à quelles conditions, il est possible de parler de succès ou d’échec de l’intégration des TIC dans l’éducation supérieure au Québec.

Principaux résultats de l’étude

Le premier résultat concerne les habitudes d’étude chez les étudiants : 53 % d’entre eux étudient moins de trois heures par semaine pour leurs cours. Or, ces trois heures correspondent au temps minimum qui est généralement jugé nécessaire par les enseignants pour bien assimiler et comprendre la matière. Plus intrigant est le résultat selon lequel le tiers des étudiants universitaires jugent leurs méthodes d’étude comme « moyennement, peu ou pas du tout » efficaces.

Si l’on se tourne vers l’utilisation des technologies, le portrait général montre deux populations qui utilisent fréquemment les technologies et qui sont à l’aise dans leurs utilisations. 94 % des enseignants se déclarent moyennement à très compétents en informatique et 94 % des étudiants utilisent l’ordinateur souvent, en classe ou hors des heures de classe.

De plus, 86 % des enseignants ont une attitude positive ou très positive à l’égard les technologies en général, et 53 % des étudiants ont une attitude positive ou très positive envers l’utilisation des technologies en milieu universitaire.

Ce constat est surprenant lorsque l’on considère le discours général voulant que tous les étudiants soient friands et à l’aise avec les technologies de l’information. De la même manière, l’image de l’enseignant qui ne sait pas utiliser les TIC tend à s’effacer progressivement.

Pour mieux comprendre les perceptions de ces deux populations en termes d’utilisation des TIC pendant les cours, d’efficacité de ces technologies, et des liens entre les technologies et l’apprentissage, les chercheurs ont divisé l’ensemble des technologies disponibles en trois groupes. Le premier concerne les technologies « usuelles » (par exemple les logiciels de présentation et le courriel), le second, les technologies collaboratives (comme les wikis, les blogues, les journaux de bord) ; et enfin, les technologies spécialisées (par exemple les logiciels d’analyse statistique et les simulateurs).

À cet égard, les résultats montrent une divergence importante entre les étudiants et les enseignants. Ainsi, les étudiants sont moins enthousiastes que les enseignants envers les technologies « usuelles » qu’ils utilisent tous les jours : ils les jugent moins efficaces pour les cours que leurs enseignants. À l’inverse, les étudiants sont plus enthousiastes que les enseignants quant à l’efficacité des technologies collaboratives et spécialisées.

L’étude a également porté sur l’utilisation et la connaissance des applications du Web chez les deux populations. Les résultats surprennent ! En effet, ce sont les enseignants qui sont le plus informés des différentes applications disponibles sur le Web. Mais une nuance s’impose, ce ne sont pas nécessairement les enseignants qui en sont les plus grands utilisateurs. Par ailleurs, le contraire n’est pas vrai : les étudiants n’utilisent pas les mêmes applications que les enseignants, et ils ne les connaissent pas non plus. Chaque groupe a donc ses préférences en matière d’applications du Web.

Enfin, les résultats concernant le lien entre les différentes pratiques technologiques et pédagogiques et l’appréciation des cours par les étudiants sont certainement parmi les plus intéressants. Si le lien entre l’efficacité d’utilisation des TIC et l’appréciation des cours existe, il demeure relativement faible au regard des autres variables expliquant la perception positive des étudiants.

Pour les étudiants, plus les technologies sont utilisées efficacement durant leurs cours, plus ils ont le sentiment d’avoir eu un bon cours. Toutefois, au-delà des technologies, ce sont l’expérience vécue en classe et la qualité de l’enseignement qui interviennent le plus dans l’appréciation que les étudiants et les enseignants font des cours. Qu’est-ce que les étudiants préfèrent : les défis intellectuels intéressants, les exposés magistraux utilisés à bon escient et un matériel pédagogique pertinent et signifiant. Ce que les enseignants jugent comme étant le plus important : les formes d’enseignement interactives comme les discussions en classe. Ainsi, tant pour les étudiants que pour les enseignants, la valeur de la pédagogie prend le pas sur la technologie.