Sommaire
Sur les terrains où l’on se consacre plus spécifiquement au renouveau pédagogique et à la production de matériel de formation multimédia pour relever le défi de la formation en ligne (que d’aucuns nomment aussi « l’apprentissage distribué »), on se préoccupe beaucoup de la portabilité du matériel pédagogique et de l’interopérabilité des systèmes qui distribuent ce matériel par des voies électroniques. De plus en plus de développeurs et d’éducateurs à travers le monde se tournent vers des stratégies de partage et d’échange du matériel pédagogique numérisé, adoptant pour ce faire, des cadres de descriptions et de spécifications (des métadonnées) visant à faciliter l’évolution, la gestion et le libre-échange de ce qu’on appelle dans ce contexte les « objets pédagogiques » [1].
L’émergence de normes d’interopérabilité pour la formation en ligne se situe au croisement des nouvelles possibilités éducatives qu’offrent l’Internet et les TIC et des pressions financières que vivent les institutions éducatives. Cette poussée pédagogique et ces contraintes économiques engendrent une volonté de bonifier l’acte pédagogique, d’améliorer l’accessibilité au « meilleur » du monde de l’éducation, de gagner du temps, de réduire les coûts en partageant et réutilisant le matériel disponible et offert en ligne grâce à l’adoption de normes d’interopérabilité. Au Québec, les universités ont choisi de relever ensemble le défi de la production de matériel multimédia de formation. L’adoption de normes d’interopérabilité et la mise en commun « d’objets pédagogiques » réutilisables sont donc des questions stratégiques pour la communauté universitaire québécoise.
Au cœur du mouvement de normalisation qui a cours, et plus précisément dans le discours qui l’accompagne, plusieurs notions et concepts demandent qu’on s’y arrête. Que sont les métadonnées? Quelle distinction faut-il faire entre standard et norme? Qu’est-ce au juste qu’un objet pédagogique? Sur quelle base technologique (les langages, les modèles) s’appuie ce phénomène de normalisation de la formation en ligne? Voilà des questions auxquels s’attarde la présente analyse.
Après une familiarisation avec des concepts de base comme les métadonnées, les principales étapes qui donnent lieu à la naissance d’un standard et d’une norme, le phénomène des dépôts d’objets pédagogiques partageables, on dresse un inventaire des principaux acteurs et des travaux en matière de développement des normes d’interopérabilité pour la formation en ligne. Trois types d’acteurs sont à découvrir, les développeurs des spécifications qui deviendront éventuellement des « normes », ceux qui appliquent ces spécifications et qui élaborent, à cette fin, des protocoles d’implantation, et les organismes de normalisation. Un tableau synthèse fait état de la contribution de chacun de ces trois types d’acteurs. On poursuit en se rapprochant davantage de la logique des utilisateurs éventuels des normes d’interopérabilité, en décrivant brièvement trois projets qui prennent en compte le phénomène à savoir, la banque MERLOT, le modèle SCORM et le projet POOL du groupe CanCore. L’État des lieux se termine par l’introduction de quelques outils qui permettent d’espérer que la mécanique d’intégration des métadonnées pour assurer la portabilité du matériel pédagogique soit conviviale pour les éducateurs et développeurs de contenus et de ressources éducatives.
L’analyse prend fin avec quelques constats à retenir et les recommandations du groupe de travail mandaté par le SCTIC de la CREPUQ pour se pencher sur la question des normes et standards de la formation en ligne.
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