RAPPORT DES ENTRETIENS DE L’ATELIER « F »

Pierre Tessier

Thème : les nouveaux modèles de partenariat à développer.

Le groupe était composé de représentants du secteur académique, d’un étudiant et de professionnels et gestionnaires dans le domaine de la bibliothéconomie.

Constat : dès le début des échanges, tous les intervenants s’entendent sur une perception générale : les produits et services de la bibliothèque sont peu utilisés ou ne sont pas pleinement utilisés.

Les professeurs soulignent à tour de rôle qu’ils sont cependant conscients que la bibliothèque offre beaucoup de ressources d’information essentielles à l’enseignement et la recherche et de la documentation adaptée aux besoins des étudiants.

Voici les principaux facteurs qui expliquent la sous utilisation des produits et services de la bibliothèque :

(Intervention des professeurs) : on note chez certains professeurs une « technophobie » qui constitue un obstacle à l’exploitation des nouveaux supports d’information et des nouveaux outils de repérage de la documentation en bibliothèque;

(étudiant et professeurs) : malgré l’importance que les bibliothèques semblent avoir accordé à la publicité et à la promotion de leurs produits et services auprès des membres de la communauté universitaire, les utilisateurs se disent peu informés de ce qui est offert;

(professeurs et professionnels) : l’acquisition de connaissances sur l’utilisation des produits et services d’information de la bibliothèque requiert du temps qui hypothèque le temps consacré aux activités d’enseignement et de recherche pour les professeurs (du temps consacré aux contenants et non aux contenus d’information). Les professeurs disent avoir de la difficulté à s’adapter aux changements qui affectent les moyens d’enseignement et trouvent notamment qu’il est parfois difficile de concilier l’appropriation des TIC au développement des connaissances dans leur champ de spécialisation.

(professeurs) : les étudiants semblent souffrir d’un syndrôme « d’anxiété de la bibliothèque » qui s’explique en partie par la complexité des systèmes de classification, par les imposantes collections des bibliothèques universitaires, par la multitude de sources d’information en format électronique, bref par l’effort important qui doit être déployé afin de comprendre un classement conçu davantage pour les spécialistes de l’information que pour les clientèles externes (professeurs et étudiants).

 

 

Solutions :

Tous s’entendent pour dire que la principale solution implique une collaboration étroite entre les professeurs et les professionnels de l’information. La formation intégrée à l’utilisation de l’information fait l’unanimité. Cette formation, pour être efficace, doit correspondre aux besoins des étudiants en fonction de leur champ d’étude et être obligatoire pour tous. On insiste sur le fait que la formation documentaire ou formation à l’utilisation de l’information doit être évaluée et même de préférence créditée. On souligne aussi qu’il faudra surtout insister sur des éléments de méthodologie de recherche (qui changent peu…) plutôt que sur les outils qui sont vite remplacés … On insiste sur le fait qu’il doit y avoir une réelle volonté institutionnelle d’intégrer la formation à l’utilisation de l’information et que l’effort d’intégration ne doit pas reposer que sur la bonne volonté des individus.

(Professeur) il faudrait aussi concevoir un portail intégré qui permettrait le repérage de l’ensemble des ressources informationnelles des bibliothèques universitaires québécoises (une sorte de Copernic des bibliothèques).

(Professionnels et professeurs) On doit miser aussi sur de nouvelles pratiques qui faciliteront l’intégration de la formation documentaire telle la décentralisation des ressources (affecter des bibliothécaires dans des unités ou départements, par exemple).

(Étudiant) les bibliothécaires doivent être en mesure de répondre aux attentes des étudiants afin, entre autres, de mieux les outiller quant aux méthodes permettant de discriminer l’information dans un contexte d’explosion documentaire et d’obsolescence de l’information.

(Professeurs et professionnels) les aptitudes de repérage et d’utilisation de l’information se développent tôt : il faut repenser la formation documentaire dans un continuum secondaire-collégial-universitaire. On doit insister sur un meilleur arrimage entre la formation documentaire au collégial et au niveau universitaire.

Proposition de résolution en guise de conclusion :

«Que les universités considèrent comme une valeur centrale les compétences documentaires et la culture de l’information et incitent les départements et les unités de recherche à intégrer la formation documentaire à leurs activités d’enseignement».